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2021

Photo Clément L’hôte

 

En Bourgogne, les vendanges 2021 ont pris fin début octobre et il est possible d’établir les premières tendances d’un millésime, une nouvelle fois, hors-normes. La qualité s’annonce excellente, proche des classiques bourguignons, tandis que les quantités sont historiquement faibles.

 

Une demi-récolte. C’est le constat, à ce jour, de la plupart des responsables des interprofessions bourguignonnes. Le millésime 2021, marqué par des gelées d’une rare intensité en avril, devrait plafonner autour de 800 000 à 900 000 hectolitres pour toute la région, contre 1,56 millions d’hectolitres en 2020, une année aux volumes très correctes. “Probablement les chiffres les plus bas de la période contemporaine”, a estimé Thiébault Huber, président de la confédération des vignerons de Bourgogne. Mais ces chiffres bruts cachent une réalité très hétéroclite.

 

Volumes 2021 : les chardonnays trinquent

Dans le zones ou le rouge est majoritaire, comme la Côte de Nuits, les résultats sont plutôt meilleurs, et on évoque -20 à -30% de récolte, selon les zones. Le pinot noir a en effet moins souffert cette année : ses bourgeons étaient peu développés quand la vague de froid est arrivée au printemps. En revanche, les terres à blanc accusent le coup. À Chablis comme dans le Mâconnais, les vignerons estiment les pertes à -70% voire -80% d’une récolte normale. Le chardonnay, dont les bourgeons étaient déjà sortis en avril, a subit de plein fouet le gel.

 

Une tendance nationale
Au niveau national, les perspectives sont moins sombres, avec -27% de récolte par rapport à la moyenne. Mais la France décroche par rapport aux autres pays viticoles, moins touchés par les aléas climatiques cette année. Ainsi, en 2021, l’Hexagone chute au rang de troisième producteur mondial, derrière l’Italie et l’Espagne.

 

Dans certaines zones, comme Pouilly-Fuissé, la grêle est venue s’ajouter à la liste des calamités. Résultat : des vendanges quasi nulles dans certaines parcelles. Pour faire face, les vignerons bourguignons doivent bénéficier d’une série d’aides : allègements fiscaux et déblocage d’une enveloppe de l’État, entre autres.

 

Qualité et succès commercial

Désormais, les producteurs se concentrent sur le travail de vinification, qui se poursuit fin octobre. Et de ce côté, il y a de quoi se réjouir : les vins s’annoncent frais, avec des degrés d’alcool plus faibles que ces dernières années. L’aromatique est précise, avec un fruit très expressif. Et d’après les premières données, le millésime serait propice aux vins de garde. De quoi plaire aux amateurs de bourgognes. “On renoue avec les classiques”, se réjouit Frédéric Drouhin, président du BIVB (Bureau Interprofessionnel des Vins de Bourgogne).

Dans le même temps, le succès des vins de Bourgogne ne se dément pas. La région a exporté 22% de plus les sept premiers mois de 2021 par rapport aux sept premiers mois de 2019 (période pré-covid). Pour le reste des AOC françaises, ce chiffre s’élève seulement à +8%.

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