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Travaux en vert / Vigne en fleur à Chassagne-Montrachet / Photo Clément L'hôte

Vigne en fleur à Chassagne-Montrachet / Photo Clément L’hôte

 

Gorgée de pluie puis baignée de soleil, la vigne s’est subitement réveillée début juin 2021. Avec ces conditions idéales, les pampres deviennent rameaux en quelques jours à peine, et les coteaux verdissent. Un bonheur pour le promeneur des vignes, mais une lourde charge pour les vigneron(ne)s. Chaque printemps, ceux-ci redoutent cette période qu’ils nomment “travaux en vert” – nom inspiré par la couleur de la végétation naissante. Une véritable course contre la montre, qui exige d’aller à la vitesse de la plante et laisse peu de place aux week-ends. Au programme :

 

  • L’ébourgeonnage (ou épamprage) À l’issue de la taille, les bourgeons sont parfois trop nombreux, où apparaissent à des endroits inopportuns. Sur chaque cep, il faut ôter les indésirables tout en conservant les mieux placés et les plus fructifères. Une tâche à la fois physique et technique.

 

  • Le relevage (ou palissage) les bourgeons conservés poussent à vitesse grand V, formant des rameaux. Encore tendres, ceux-ci risquent de se briser face au vent ou au tracteur. Pour éviter cela, il faut les “ranger” à la verticale dans les fils de fer prévus à cet effet. Une tâche qui évite aussi d’entasser la végétation (ce qui favoriserait les maladies) et permet une taille plus aisée l’année suivante.

 

  • L’écimage (ou rognage) Au delà d’une certaine hauteur, les rameaux palissés sont coupés. Une manière de contraindre la végétation à rester dans l’espace prévu. Alternative : le tressage, qui permet de contenir la végétation sans la couper.

 

  • Le désherbage Pendant que la vigne pousse, les mauvaises herbes s’en donnent aussi à cœur joie. Les laisser croitre reviendrait à priver la vigne d’eau et de nutriments. Ainsi, plusieurs stratégies sont envisageables : traitement chimique (de plus en plus rare), labour, ou encore enherbement contrôlé, avec des espèces choisies puis tondues.

 

  • Les traitements antiparasitaires Toute cette verdure met l’eau à la bouche des parasites, les fameux oïdium et mildiou, qui se multiplient au printemps. Pour ne pas voir le feuillage puis les grappes ravagés, les viticulteurs traitent à base de produits de synthèse ou de produits naturels (soufre, cuivre, voire parfois lait, tisanes de plantes ou poudre de roche).

 

  • La complantation (ou repiquage) Certains producteurs remplacent leurs pieds morts au printemps. Une tâche supplémentaire en cette période chargée.

 

  • La vendange en vert, soit le fait de couper des raisins pas encore mûrs, car les pieds sont trop chargés, ce qui nuirait à la qualité des jus. Malheureusement, ce ne sera pas le cas cette année en Bourgogne, touchée comme d’autres vignobles par une vague de gel d’une rare intensité.

 

Tous ces travaux sont à mener de front, d’où les imposants besoins de main-d’œuvre lors de la saison. Pour suivre la pousse, les journées de travail s’allongent et les pauses se raccourcissent. Les températures peuvent varier de 20 degrés lors d’une même journée, et grêle et pluie sont fréquentes. Tout cela fait des travaux en vert une période parfois plus intense que celle des vendanges, bien que moins connue.

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