Les appellations Bourguignonnes

C’est en 1861 que tout commence …

 

Bonne nouvelle c’est à cette époque où le Comité d’Agriculture de l’arrondissement de Beaune dresse un plan des vignobles produisant les grands vins, classés séparément par commune. Mais malheureusement il faut attendre jusque 1930 afin que les tribunaux se conforment à ces indications. Ce classement met en valeur les différents crus de Bourgogne : 

  • les premiers crus pour leur bouquet, leur finesse et leur temps de conservation
  • les deuxièmes cuvées comprennent les vignes moins favorisées par le sol, l’exposition, la pente et l’altitude
  • les troisièmes cuvées font référence aux vignes qui sont placées à l’extrême limite des bons climats, ce qui permet d’apprécier des vins délicats avec une belle aptitude au vieillissement

 

=> Les vignes produisant le cépage gamay et les autres cépages ordinaires n’étaient pas classées.

 

Aujourd’hui ce classement est mis à jour et on constate que certains grands crus actuels étaient considérés comme deuxième ou troisième cuvée en 1861

 

Cette hiérarchie s’appuie sur la notion d’origine, l’importance du terroir et la qualité du vin.

La grande diversité des conditions naturelles de la Bourgogne permet une large variété d’appellations, chacune avec son caractère et sa  personnalité unique. C’est la véritable richesse de cette région viticole.

Les appellations bourguignonnes

Le terme « appellation » apparaît dans les années 1930  de là découle la mise en place de la « pyramide des appellations », encore en vigueur aujourd’hui. A l’époque, elle permettait :

  • premièrement de lutter contre les contrefaçons * (dans le but de reconnaître et protéger les produits viticoles de la Bourgogne)
  • deuxièmement à organiser le commerce du vin

 

* La loi du 1er août 1905 vint réprimer « les tromperies ou tentatives de tromperies sur la nature, la qualité, l’espèce, l’origine et la dénomination des marchandises« .

 

C’est le 30 juillet 1935 qu’est créé l’Institut National des Appellations d’Origine (INAO).

Voici ce que l’INAO revendique :

-> au niveau national « une appellation d’origine constitue la dénomination d’un pays, d’une région ou d’une localité servant à désigner un produit qui en est originaire et dont la qualité ou les caractères sont dus au milieu géographique, comprenant des facteurs naturels et des facteurs humains« .

-> une fois que l’AOC en France a bien été attribué, il y a une demande d’enregistrement au niveau européen en tant qu’AOP (Appellation d’Origine Protégée), ce qui leur permet une protection au sein de toute l’Union Européenne.

Son rôle est de délimiter les différentes aires de production qui ont le droit à l’appellation et déterminer leurs conditions de production (développé juste en-dessous).

Pour chaque appellation sont décrits :

  • la catégorie (appellation régionale, appellation communale ou appellation grand cru)
  • les villages de production
  • la liste des climats classés en Premier Cru
  • la couleur et le(s) cépage(s)
  • la superficie en production
  • le degré alcoométrique minimum (cela correspond à la richesse volumique en sucre du raisin naturel exprimé en pourcentage)
  • le degré alcoométrique maximum (cela correspond à la richesse volumique après la chaptalisation du moût* exprimé en pourcentage)
  • le procédé de culture 
  • le rendement maximum par hectare
  • la récolte moyenne annuelle
  • le caractère des vins (les vins d’appellation d’origine contrôlée présentent des qualités visuelles, olfactives et gustatives propres à chacun, elles sont établies par le Bureau Interprofessionnel des Vins de Bourgogne avec le concours des syndicats viticoles des appellations concernées)

 

*la chaptalisation du moût correspond à l’ajout de sucre, l’objectif étant d’augmenter le degré d’alcool du vin 

 

Parlons de la grande pyramide bourguignonne

 

En Bourgogne on dénombre 100 appellations d’origine protégée divisées en 4 niveaux :

Je vous invite à découvrir cette vidéo qui vous permettra de comprendre plus simplement le classement de ces appellations : 

 

 

Les grands crus de Bourgogne se situent au sommet de la hiérarchie puisqu’ils possèdent les meilleurs expositions, les microclimats les plus favorables et des terroirs délimités avec une extrême précision. Ce sont de grands noms connus à l’international.

 

Le niveau qualitatif et la constance des caractères de ces vins permettent de les distinguer des autres appellations. Certains bénéficient d’une haute renommée depuis une éternité !

Ces grands crus d’appellation d’origine contrôlée sont désignés par le seul nom du climat tels que :

  • Bâtard-Montrachet (blanc)
  • Bienvenues-Bâtard-Montrachet (blanc)
  • Bonnes-Mares (rouge)
  • Chablis Grand Cru (blanc)
  • Chambertin (rouge)
  • Chambertin-Clos de Bèze (rouge)
  • Chapelle-Chambertin (rouge)
  • Charlemagne (blanc)
  • Charmes-Chambertin (rouge)
  • Chevalier-Montrachet (blanc)
  • Clos des Lambrays (rouge)
  • Clos de la Roche (rouge)
  • Clos Saint-Denis (rouge)
  • Clos de Tart (rouge)
  • Clos de Vougeot (rouge)
  • Corton (blanc et rouge)
  • Corton-Charlemagne (blanc)
  • Criots-Bâtard-Montrachet (blanc)
  • Echezeaux (rouge)
  • Grands Echezeaux (rouge)
  • Griotte-Chambertin (rouge)
  • La Grande Rue (rouge)
  • La Tâche (rouge)
  • Latricières-Chambertin (rouge)
  • Montrachet (blanc)
  • Musigny (blanc et rouge)
  • Richebourg (rouge)
  • (La) Romanée (rouge)
  • Romanée-Conti (rouge)
  • Romanée-Saint-Vincent (rouge)
  • Ruchottes-Chambertin (rouge)

De nombreux vignobles bourguignons proposent des premiers crus mais très peu revendiquent une ou plusieurs des 33 appellations grands crus. C’est un grand privilège d’en faire partie ! 

 

✖  Attention à ne pas confondre le nom du grand cru avec le nom du village, voici quelques exemples :

 

CHAMBERTIN (grand cru) => Gevrey-Chambertin (village viticole)

MUSIGNY (grand cru) => Chambolle-Musigny (village viticole)

CORTON (grand cru) => Aloxe-Corton (village viticole)

MONTRACHET (grand cru) => Puligny-Montrachet ou Chassagne-Montrachet (villages viticoles)

 

 

Sur l’étiquette, la mention Grand Cru doit être inscrite immédiatement au-dessous du nom de l’appellation dont les dimensions des caractères sont au plus égales aux deux tiers de celles des caractères utilisés pour le nom de l’appellation.

 

 

 

=> Une exception pour le Chablis Grand Cru, il ne possède qu’une seule et même appellation mais il a 7 climats qui sont classés en grand cru. De ce fait le nom du climat doit être obligatoirement précédé par le nom de l’appellation. 

Voici la liste de ces 7 climats :

  • Blanchot
  • Bougros
  • Les Clos
  • Grenouilles
  • Les Preuses
  • Valmur
  • Vaudésir

 

Les premiers crus de Bourgogne se trouvent en-dessous des grands crus mais ils demeurent de grands vins également. Chaque bouteille est suivie du nom de la parcelle.

La majorité des communes possède plusieurs premiers crus très variés.

 

Sur l’étiquette, les noms des premiers crus peuvent être écrits de plusieurs façons :

  • soit placés après l’appellation communale et en caractères dont les dimensions (aussi bien en hauteur qu’en largeur) ne doivent pas dépasser celles de l’appellation
  • soit imprimés comme précédemment avec, en plus, la mention : Premier Cru
  • soit remplacés par la seule mention : Premier Cru. Dans ce cas, cela signifie généralement que le vin provient de l’assemblage de plusieurs premiers crus de la même appellation

 

Les appellations villages ou communales de Bourgogne correspondent au nom du village où se situe la parcelle.

Voici quelques exemples classés par vignoble :

  • Chablis, Petit Chablis, Irancy, Saint Bris dans les vignobles de Chablis et du Grand Auxerrois
  • Marsannay, Morey-Saint-Denis, Nuits-Saint-Georges dans les vignobles de la Côte de Nuits et des Hautes-Côtes de Nuits 
  • Pernand-Vergelesses, Beaune, Meursault dans les vignobles de la Côte de Beaune et des Hautes-Côtes de Beaune
  • Bouzeron, Rully, Mercurey, Givry, Montagny dans les vignobles de la Côte Chalonnaise et du Couchois
  • Saint-Véran, Pouilly-Fuissé, Pouilly-Vinzelles, Pouilly-Loché dans les vignobles du Mâconnais

 

 

Les appellations régionales de Bourgogne se positionnent en bas de la pyramide, elles sont produites sur l’ensemble ou sur une partie du territoire viticole de la région. Son aire de production est la plus large et sa récolte est la plus importante.

 

On distingue plusieurs appellations régionales de caractéristiques différentes, tels que :

  • le cépage (Bourgogne Aligoté : cépage aligoté, Bourgogne Passe-Tout-Grains : cépages pinot noir et gamay)
  • la méthode d’élaboration (Crémant de Bourgogne : méthode traditionnelle)
  • la région de production (Mâcon : Mâconnais, Bourgogne Hautes-Côtes de Beaune : Arrière-Côte de Beaune, Bourgogne Côtes d’Auxerre : Auxerrois)
  • la commune de production (dans l’Auxerrois : Bourgogne Chitry, Bourgogne Epineuil)
  • le lieu-dit ou le climat de production (dans le département de la Côte d’Or, Bourgogne Le Chapitre : commune de Chenôve et dans le département de l’Yonne, Bourgogne Côte Saint-Jacques : commune de Joigny)

 

Remarque : les appellations grands crus, premiers crus et communales sont produites sur un village alors que les appellations régionales sont produites sur l’ensemble ou sur une partie de la région. 

 


 

Cette organisation pyramidale est la même au sein des six régions viticoles en Bourgogne :

 

  • Chablis et le grand Auxerrois
  • La Côte de Nuits
  • La Côte de Beaune
  • La Côte chalonnaise
  • Le Mâconnais
  • Le Châtillonnais

 

Chaque appellation est définie par un cahier des charges strictes validé par décret, plus on s’élève dans la classification plus le cahier des charges est exigeant. Les contrôles sont pointilleux et constants.

Quels sont ces critères ?

En voici quelques exemples :

  • la délimitation géographique (plus l’appellation est prestigieuse plus ses terres sont restreintes)
  • la composition du sol
  • la taille
  • l’altitude
  • l’exposition
  • le titre alcoométrique volumique (plus le vin est de qualité supérieur, plus son titre d’alcoométrique sera élevé)
  • le rendement (il est exprimé en hectolitre par hectare, plus le vin est élevé dans la classification plus ce chiffre baisse)
  • les cépages (seuls ceux qui figurent sur le cahier des charges sont autorisés)
  • les conditions de production
  • les espacements entre les vignes 

 

✖ Sans oublier le travail de l’homme qui est essentiel à l’épanouissement de la vigne, les vignerons ne produisent que des grands vins si ils sont à la hauteur !

 

Plusieurs facteurs favorisent la qualité de ces flacons, comme :

  • l’élevage 
  • l’équilibre du sol 
  • le terroir (tous les vignobles de Bourgogne sont implantés sur des pentes en coteaux avec des orientations variées, de nature calcaire)
  • la maitrise des rendements 
  • la qualité du matériel végétal 

 

Parlons des lieux-dits et des « climats » en Bourgogne

 

Chaque appellation est délimitée en fonction de son lieu-dit et de son « climat » en Bourgogne.

=> Le lieu-dit est la subdivision administrative officielle identifiable sur le cadastre, il indique un morceau de terrain en Bourgogne, son nom rappel une particularité d’ordre topographique ou historique.

=> Le « climat » désigne les parcelles de terres en Bourgogne (elles sont délimitées précisément). Ce mot prend en compte le savoir faire des vignerons, les caractéristiques géologiques et les expositions particulières. Un climat peut ne pas figurer sur un cadastre, il peut aussi regrouper plusieurs lieux-dits.

La mention climat sur l’étiquette du vin est un gage de qualité particulier à son terroir (il est caractérisé par ses sols, ses cépages spécifiques et le travail des vignerons passionnés).  De plus cela apporte de la valeur que ce soit pour une appellation régionale, communale, premier cru ou grand cru.

 

Je vous laisse parcourir la carte interactive créée par le Bureau Interprofessionnel des vins de Bourgogne …

 

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